Gutti au Botanique : première réussie !
auteur: mehdi bouttier

Samedi 22 février, Gutti tenait son premier concert au Botanique (Witloof Bar) dans une ambiance survoltée et un moment plein d’émotions.
Si Koba et Niska chantaient « qu’est-ce que c’est trop bon la vie d’artiste », celle-ci peut aussi ressembler à un chemin du combattant. Identifié sur la scène belge depuis plusieurs années, Gutti est à la croisée des chemins de sa vie d’artiste. Doté d’une grosse énergie, d’un esprit drôle, communicatif et de morceaux efficaces, le rappeur anderlechtois s’est construit une nouvelle équipe et travaille sur une nouvelle D.A. afin de passer un cap. Cette première date au Botanique s’annonçait déjà comme une étape décisive de ce nouveau départ, tout en célébrant son roster qualitatif.
Le samedi 22 février, dans une salle Witloof Bar sold-out, après une première partie assurée par Dioko et Johnny Def, Gutti arrive sous les coups de 21h. Treillis militaire et drapeau de la République démocratique du Congo en main, un trompettiste l’accompagne pour interpréter « Mon Combat » qui
ouvre son dernier projet, AVANT LE GLO. Une prière adressée aux victimes civiles à l’Est de la RDC, et le rappeur se lance dans une grosse heure de show.
Une bête de scène
Même si le 22 février, il signait son premier concert au Bota, Gutti est loin d’en être un débutant de la scène et ça se ressent. Grâce à son caractère festif, son aisance pour interagir avec le public et une bonne maîtrise du souffle, le rappeur est à l’aise sur scène. Ne manque plus qu’à enlever le voice over et on
atteignait un perfect.
Malgré cette énergie déployée dès les premiers sons, l’ambience reste un peu timide, peut-être surpris de la mise en scène travaillée. À mesure que le show monte en pression, le public se livre au jeu. L’enchaînement « VERY BAD TRIP », « DANSE POUR MOI» et « PÉTARDS & BILLETS» transforme le Witloof Bar en strip-club !
Et plutôt que de kiffer solo, Gutti convie des collègue à la fête. D’abord, c’est Cinco qui débarque, chapka sur la tête pour interpréter leur feat. « Bill Gates », tiré de sa première mixtape « NEW STATE ». Le rappeur du 94 interprète ensuite son morceau « Booska Preach », moment choisi par Gutti pour s’éclipser
et changer de tenue. Son surnom de Rockstar n’a pas été choisi par hasard.
Par la suite, viendront Geeeko pour interpréter « SENSIBLE » et son refrain mielleux, Frenetik, dont l’inédit « Story Privée » façon sexy drill. Mais l’invité qui connaît le plus de succès, c’est bien Jones Cruipy. Inspiration de Gutti. Ce dernier laisse l’espace à Cruipy et son compatriote Jessy Gunz, d’interpréter « Crack & Weed » et « Vaisseau ». De quoi faire replonger le public dix ans auparavant,
lorsque ses street anthems tournaient dans tout BX.
Bx en fête
Comme une communion bruxelloise, Gutti multiplie les checks avec des personnes qu’il reconnaît dans le public. Sa bonhommie est contagieuse, mais le concert ne se limite pas qu’à ça. Au moment où résonne l’interlude du message vocal de sa mère, il en profite pour la faire monter sur scène ainsi que son père. Cette belle image, applaudie par la foule, prouve bien que ce concert n’est pas que pour le divertissement, mais bel et bien un artiste qui souhaiterait rendre fiers les siens.
En signe d’apothéose, « WAKA WAKA » et « DIDIER DROGBA » font chavirer le public. On y retrouve
dedans tous les ingrédients de l’univers de Gutti : des références pop transformées en hymne street et
dansant, tout en y injectant une dose de dérision. Une autre preuve de cette formule, « Mauvais Bouyon », qui connaît un certain succès sur les réseaux sociaux, termine le set et électrise définitivement la salle. Une belle fête, des invités de luxe et tous ses proches, voilà une première réussie pour Gutti.